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Santé mentale et fébaru toubab

“Sans nom”

Vous avez très certainement remarqué ces citoyens Sénégalais errant dans les rues, souvent dévêtus ou habillés en haillons. Ils vous ont peut-être appelés ou lancé des objets , insulté, demandé une pièce ou peut-être qu’ils dormaient sous un arbre ou étaient assis dans un coin à se parler, ou vice versa. Il est possible qu’ils vous aient interpellés en vous racontant des histoires incohérentes. Ils vous ont fait peur ? Sans doute…Vous avez du les éviter ou changer de trottoir parce que ”dof ken douko wone guinaw“.  Il se pourrait même qu’ils aient été les sujets de vos histoires ”ben dof leuwone….”.

Je parle évidemment de ces personnes rejetées par la société et par leurs familles et qu’on appelle communément les « dofs », les « fous ».

Ils font tellement partie du décor sénégalais, tels des gobelets de café Touba qu’on en oublie leur humanité.

Anecdote 1

J’étais dans un taxi une fois, c’était pendant l’été et j’avais baissé les vitres en cherchant désespérément de l’air. Arrivés à une intersection, j’ai senti un mouvement, comme un projectile qui venait dans ma direction. Par réflexe, je me suis baissée et je me suis couvert la têtes sans être sure pourquoi. Le taximan me dit alors: ‘‘soxna ci, ki dofou kogn bi leu, dou défé dara, dey khathie rek mais douko sani, dama la fatté wakh ngeu yeukeuti vitre bi.” En effet, il avait une pierre en main et il faisait semblant de la lancer vers toutes les voitures qui passaient.

Anecdote 2

Une autre fois, j’ai rencontré un homme couvert de billets d’argent, de la tête au pieds arpentant les rues du centre ville, marchant d’une manière déterminée vers une destination inconnue. Et à chaque fois que je rencontre ces rejets de la société, je me demande où sont leurs familles, quelle sont leurs histoires, comment en étaient-ils arrivés là et pourquoi personne ne les recherchait?

Ils sont nos pères, mères, cousins, fils ou filles, des tirailleurs à la retraite (pourquoi pas ?), des ex docteurs (qui sait), des personnes qui ont vu leur vie basculer d’un coup. On les traite de « fous » et on les traite comme tels, les dépouillant ainsi du semblant d’humanité qui leur reste. Après tout, ils ont perdu la tête, non ? Ils ne se rendront pas compte des insultes, ils ne remarqueront pas notre indifférence et notre air hautain. Pourtant, nous devrions être les derniers à marginaliser… parce que dof ya ngi si keur yi“.

Nous sommes tous fous, nous le sommes juste à des degrés différents, de la même manière que nous commettons tous des péchés, chacun à notre façon. L’être humain est instable et bourré de contradictions; n’est ce pas fou? Les fous doivent forcément nous trouver fous.

Quand je penses aux fous qui sont à la têtes des gouvernement, et aux fous qui sont responsables de génocides, je me dis qu’il n’y a rien de plus dangereux qu’un fou en costard.

Febaaru toubab…

Au Sénégal, la dépression, le stress et autres troubles sont considérés comme des febaru toubab, limite comme du théâtre, du “tapalé”, “dafa yambar”, “moko tey” ou “dafa am rapp” et même s’il y a des phénomènes que la science ou la logique ne peuvent pas forcément expliquer, je refuse de croire que tous les sénégalais soient dans la catégorie ”dafa am rapp” / “djiné moko mbedj’‘…

Les psychologues sont là pour nous aider mais vous connaissez combien de sénégalais qui sont déjà allés voir un psy?

Anecdote 3

Pendant ce temps-là, nous vivons avec nos traumatismes jusqu’à ce qu’un jour la goutte d’eau fasse déborder le vase et qu’on tombe dans une abysse. J’ai écouté une émission radio il y a quelques semaines, “eutou djigueni” je crois, sur dunya.  On y racontait l’histoire d’une petite fille de 2 ans régulièrement violée par le petit frère de son père qui la garde souvent. Lorsque sa mère s’en est rendue compte, elle est allée en parler à son mari qui lui a dit que si elle oser le raconter, elle pourrait dire adieu à son mariage. Elle a choisi le silence.

Parce qu’au Sénégal, le mariage est plus important que la sécurité de sa fille. Imaginez dans quel état mental elle sera et quelle sera sa relation avec les hommes? Si un jour on la voit errer dans Dakar, on dira que dafa yénou ay dallam sans se demander pourquoi.

Dans la plupart des pays normaux, les personnes victimes de problèmes mentaux sont suivies dans des institutions spécialisées mais elles ne décorent pas les rues. Pourquoi les laisse t-on livrées à elles-mêmes, représentant des dangers pour les autres mais surtout pour eux-mêmes? Je précise que « nous » représentons également des dangers pour elles.

Qui s’occupent de nos malades à part l’hôpital Fann  et Dalal Xeel? Mon coeur se brise quand je pense aux femmes aux troubles mentaux, les minorités des minorités, souvent agressées sexuellement, tombant enceintes régulièrement, des actes scandaleux et qui resteront impunies… personne ne croirait les accusations d’une folle, et puis, elles ne portent pas plainte après tout, il n’y a pas de risques. De toutes les façons, dans un pays où le viol est minimisé et où on risque plus gros en « commettant » des « crimes contre-nature », toutes les femmes sont considérées folles, éventuellement.

En attendant de meilleurs jours, traitons les avec respect et surtout, rappelons nous qu’il en faut peut dans ce pays pour errer dans les rues.

 

 

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28 Comments


  1. Fiiir boy

    March 7, 2016 at 3:50 pm

    Le viol est terrible dans ce pays cela me fait tellement mal…Le pire c’est que les gens trouvent ca normal.
    J’ai une page pour lutter contre ca : https://www.facebook.com/educsex

    Reply

    • NK

      March 7, 2016 at 5:28 pm

      merci pour le lien je vais y jeter un coup d’oeil!

      Reply

      • Fiiir boy

        March 10, 2016 at 2:58 pm

        Did you saw it?

        Reply

        • NK

          March 10, 2016 at 9:29 pm

          Yes et j’ai vu le share aussi merci, bonne continuation à vous également 😉

          Reply

  2. Mém'

    March 7, 2016 at 5:09 pm

    Merci d’avoir pensé à eux. Bëri wo ci morom. En tout cas, il faudrait des institutions spécialisées pour eux au Sénégal.

    Tu as aussi soulevé un sujet intéressant: le fait que les Sénégalais ne font pas recours aux psychologues. C’est vrai que dans notre société, tu trouves toujours quelqu’un à qui parler de tes problèmes. Mais parfois, ton cas peut être si “bad” que t’auras peur d’être jugé ou que “ñu yobu la kër Yama gitaxx”. Et quand tu te trouves dans ce pétrin, tu préfères garder tes soucis pour toi-même. Lolu moy ëndi li ngay wax, ni dof ya ngi ci këer yi.
    Il faudrait qu’on fasse confiance aux psychologues, car ils ont la science nécessaire pour aider les personnes qui sont dans ce cas de figure-là. Psychologue yi nekku ñu fi pour dof yi rek….

    Reply

    • NK

      March 7, 2016 at 5:29 pm

      je suis parfaitement d’accord, c’est vraiment dommage, mane deh je n’hesiterai pas beuss boumeu diomiwer deugu, dina guissi psychologue mais bon je ne suis pas un bon exemple parce que je calcule tres peu la societe lol

      Reply

  3. JDA

    March 7, 2016 at 5:47 pm

    NK tu es trop forte je te looooooooooooooooooovvvvvvvvvvvvvvvvvveeeeeeeeeeeeuuuuuu
    doof you maak yii ils sont dans les maisons à violer les enfants,à tabasser leurs mères sans raison .
    Et au Sénégal on fait plus confiance aux marabouts (qui vont les rendre encore plus fou) qu’aux psy.
    on a ce complexe du psy.
    Psy au Sénégal = tu es fou ou folle
    ils ne savebt pas que c’est un thérapie qui soulage
    dans le monde d’aujourd’hui mieu vaut aller voir un psy qu’un ami
    psy=le secret médical
    ami=problèmes you wéérou ni guédj
    ami=

    Reply

    • NK

      March 7, 2016 at 6:44 pm

      super vrai, chez le psy il n’y a pas de risques de fuite et s’il y en a sakh au moins tu peux te faire de l’argent, love you too muah

      Reply

  4. Cheikh

    March 7, 2016 at 6:01 pm

    Envore un très bel article.
    Seul point sur lequel je ne suis pas d’accord: dans les autres pays comme tu dis on en voit aussi des déséquilibrés mentaux. Et on revient à se poser toutes ces mêmes questions : où est sa famille ? Comment il a pu en arriver la ? Pourquoi personne ne le cherche ?

    Reply

    • NK

      March 7, 2016 at 6:45 pm

      oui mais il y en a beaucoup moins quand meme, c’est quand la derniere fois que tu as vu une personne nue qui marchait vers la Tour Eiffel? Tu vois? En meme temps on est pas la FRance bien evidemment mais bon je tenais juste à souligner ce problème très peu abordé, thanks for reading!

      Reply

  5. NFW

    March 7, 2016 at 7:40 pm

    Bilahi c’est très triste, heureusement que tu en parles! Ils sont devenus des décors comme les talibés. J’espère qu’on pourra les aider et les réintégrer à terme.
    Merci pour l’article.

    Reply

    • NK

      March 7, 2016 at 9:57 pm

      merci pour ta contribution 😉

      Reply

  6. mya

    March 7, 2016 at 8:51 pm

    Je me demande comment on peut laisser son frere soeur mere… dans la rue et dans un tel etat. Pourquoi les abandonner a leur sort. Tout les hommes méritent la dignité. Toutes ces personnes malades dans la rue méritent une prise en charge. Beaucoup d entre eux sont récupérables. Merci NK pour cet article.

    Reply

    • NK

      March 7, 2016 at 9:58 pm

      c’est clair, super irrécupérable, reintégrable dans la société, je souhaite que l’état augmente les institutions spécialisées mais faudrait déjà qu’ils soient sur la liste des priorités…

      Reply

  7. Aude

    March 7, 2016 at 8:56 pm

    Très très intéressant et discussions qu’ on a déjà eue avec mon homme. En Belgique, les fous sont internes ou traités parfois mais aussi finalement souvent dans la rue et rejetés..
    Je crois qu’être fou…malade mental c est terrible partout. La maladie mentale c est aussi tout ce qu’ on ne comprend pas.
    Autre chose: le psy. Ici tout le monde y va et pour tout. Ce que la culture senegalaise m a donné ou rendu c est du bon sens.
    C est comme pour tout il faut un équilibre. Un peu de psy et aussi apprendre la sagesse de la vie.
    Merci pour ces billets passionnants qui m apprennent tant…

    Reply

    • NK

      March 7, 2016 at 10:00 pm

      Hello Aude, contente de te lire. Eh oui les psys sont un peu tabous au Sénégal mais j’espère que nos générations et celles à venir vont s’occuper de nos tares 😉

      Reply

  8. absatou

    March 7, 2016 at 9:29 pm

    MERCI pour cet article parce qu’il reconnaît l’existence de la souffrance psychique.
    Le problème au Sénégal c’est qu’on ne croit pas en ce qu’on ne voit pas quand c’est important.

    Je m’intéresse aux questions psychologiques depuis que je suis rentrée au Sénégal. Et même si il m’arrive de douter de l’importance de parler de ce sujet parfois, j’écris pour justement partager sur la question, même si c’est d’un point de vue ultra-personnel.

    J’ai traversé au moins 2 ans de dépression avant de chercher de l’aide et ça fait donc 3 ans qu’à chaque fois que j’en ai l’occasion, je rencontre ma psy.

    Entre la thérapie, le nombre d’ouvrages que j’ai lu et tout ce que j’ai pu absorber comme information, je pense que j’ai accumulé autant de savoir qu’un thérapeute certifié.

    Dans les commentaires, je lis “où sont les parents?”. Est-ce qu’on sait reconnaitre des problèmes de dépressions dans une famille? (française, sénégalaise, américaine, tanzanienne)
    J’ai aussi entendu dire quelqu’un qui s’est immiscé dans une conversation que “ce genre de choses ne correspond pas à nos valeurs.” il faut pas parler de problèmes psychologique. il ne faut pas parler de violence psychique que des parents infligent à leur enfant. on ne peut pas dire qu’un père est un pervers narcissique. et c’est un peu comme ce que je dis sur la souffrance dans le mariage. on est obligé de subir et de faire subir.

    Il faut se poser la question parfois de comprendre pourquoi on constate des comportements récurrents. Au lieu de juger, il faut tenter l’empathie. Celui qui marche dans la rue en haillon est sûrement passé par plusieurs phases moins visibles.

    Dans mon cas je suis passée de l’indifférence totale à l’incapacité de discerner les jours. j’existais dans une autre réalité. Je ne peux même pas commencer à décrire mes phases de dépression. Je pouvais facilement faire 2 mois dans la maison sans jamais parler à personne. Un jour tu sèches un cours, puis tu te retrouves 6 mois sans aller en cours. puis tu traverses la ville en bus d’un terminus à un autre de 13h à 19h. J’ai contemplé la mort, j’ai claqué une fortune dans n’importe quoi, je voulais disparaitre. I mean… quand les gens parlent de caprice et de réwandé j’hallucine!
    Il faut pas croire que ce sont des affaires de toubab. si j’avais été en dépression au Sénégal, ça se manifesterait de manière différente.

    Quand j’ai commencé à me sortir de ma situation parce que peut-être au fond de moi, j’avais vraiment envie de faire quelque chose de ma vie, ça a été autre chose. tu découvres la fatigue mentale. tu ne dormais pas avant, mais là c’est pire parce que tu commences à te réveiller. tu penses à ton comportement irrationnel et souvent auto-destructeur. Tu te dis que tu ne vas jamais t’en sortir. tu commences à parler de ton problème autour de toi, mais personne ne comprends. Avant tu étais dans une bulle que tu t’étais faite, maintenant tu es emmuré parce que personne ne te crois ou te comprends. et de temps en temps, ton bourreau joue. On te fais passer pour une capricieuse, on te fais des promesses pour démentir devant tout le monde, etc…

    le jour où j’ai mis les pieds chez la psy, pour la première fois on m’a écouté sans me juger ou sans chercher à tout de suite donner une solution. à ma surprise, je comprenais déjà le mécanisme de manipulation, la psy m’a aidé à mettre des mots dessus. J’ai appris à gérer les situations et j’ai appris à me projeter et à penser pour moi.

    Le résultat c’est qu’on devient complètement immunisé une fois qu’on comprend.
    Je suis bien contente d’avoir une psy dans mon carnet d’adresse. Si jamais j’étais rentrée sans la voir (je ne pense mm pas que je serai rentrée en fait!), je me ferais bouffer par le Sénégalais moyen.

    Ce pays est passé maître dans l’art de la manipulation et de la torture psychique. Les enfants grandissent sans possibilité de développer une personnalité, ce qui est très grave!

    J’encourage et j’encouragerai toujours à privilégier sa propre santé mentale.
    Et juste pour ceux qui parlent de culture et de respect de l’autorité. Si ce soit-disant respect te mets en souffrance, ce n’est pas normal! culture ne veut pas dire mal-être.

    Bref, je peux pas monopoliser le poste à parler de ce sujet, mais de temps en temps il faut penser à soit, écouter ses sens et chercher à savoir si ce qu’on vit est normal ou pas. Et si il le faut vraiment, voir un psy.

    PS: il y en a au Sénégal des discrets. donc vous pouvez y aller juste pour voir, si vous avez besoin d’être écouté.

    Reply

    • NK

      March 7, 2016 at 11:55 pm

      AH CA.
      *copies and pastes it into article.

      Je suis vraiment désolée pour cette période de dépression mais la seule bonne nouvelle lorsqu’on a touché le fond, c’est qu’on a qu’une seule option, rise back up and that’s what I will be taking from your comment. You made it, and also you were smart enough to seek help and not fall for the ”only crazy people see psys” discourse.

      Je disais tantôt que si on peut parler à une personne en qui on a confiance et qui peut nous écouter et mieux nous conseiller sans nous juger, man that’s fuckin awesome. If you just feel like nobody can understand you, why not visit somebody who is trained for that and better yet who you can sue if they decide to run their mouths (which they wont).

      Anyway, cant wait for your official contribution. Take care, be strong, and stay blessed.

      Reply

      • fifi

        March 8, 2016 at 10:26 am

        Surtout que most of the times, it doesn’t mean that your friends are bad friends, they just don’t get it, which is fine. Not everyone gets how depression works, a lot of people think it’s a switch you can turn on and off and give you advice like ” just be happy” or ” dont be sad” like okay thanks, that helps I never thought of that.

        Absatou is more brave than me because I definitely didn’t find the courage to tell anybody. Instead I just alienated all my friends and stopped talking to anyone. I would go days without opening my mouth. I also feel her on the whole skipping school thing. One day of skipping turns to a week real quick. The worst thing about depression is that if you’re the introverted type, you start to love solitude and you start to glorify your sadness and that’s dangerous. My wake-up call came when one day I was showering (which by the way takes motivation) and I saw stretch marks on my body, I mean everywhere. I gained a lot of weight and had stretch marks for months without actually realizing it, that’s when I knew that it was more than just being “sad’. No one could understand why the “smart’ girl suddenly couldn’t go to school or have good grades, why I was self sabotaging so much.

        I don’t think I would’ve gotten depressed if I were in Senegal, because I wouldve never been lonely there. But I know a lot of people in Senegal who hurt a lot because they don’t have support. I had a friend in high school who was just borderline “paranoiac” and we always thought she cared too much, she would threaten to commit suicide and we just didn’t take her seriously. Come to think of it, she had a lot on her mind and I definitely think she needed mental help. A lot of people will abandon you when you change. A lot of people don’t know how to respond to friends who try to push you out of their life. Very few of us have friends that would be there for you even though they don’t understand what’s going on with you and that’s why I think it’s perfectly fine to go see a psy. Having friends and family doesn’t prevent anyone from getting depressed. People can love you and not understand you.

        Reply

        • NK

          March 10, 2016 at 9:14 pm

          “No one could understand why the “smart’ girl suddenly couldn’t go to school or have good grades, why I was self sabotaging so much.”
          Tu as résumé une phase de ma vie là dis donc, sans oublier le “The worst thing about depression is that if you’re the introverted type, you start to love solitude and you start to glorify your sadness and that’s dangerous. ” thanks Fifi girl and keep pushing through

          Reply

      • absatou

        March 8, 2016 at 11:38 pm

        thank you!
        mais juste une chose NE PARLEZ SURTOUT PAS A DES AMIS.

        c’était justement la toute première étape.
        ça a l’air paradoxal, but let me explain:
        Empathie vs sympathie

        les amis sont sympathiques.
        sympathie:”wawaw ki noumou sokhoré. oui mais il fallait pas faire comme ça! si c’était moi… et puis sakh viend on va te vanger.”
        empathie: “je comprends exactement ce que tu ressens. tu devrais voir rapidement un medecin/avocat/pro. je peux te recommander quelqu’un.”

        donc le changement commence en étant une société un peu plus empathique.

        dans mon cas, la situation était tellement dingue que les gens me prennaient pas au sérieux. donc plus je parlais et plus j’étais en détresse.

        de manière générale, il faut savoir ne pas parler quand on a des problèmes.
        I’m telling you! ranting won’t take you nowhere. tout ce que tu fais en parlant à des amis ou des proches c’est alimenter leurs sujets de conversations avec des gens que tu connais pas. think about it!
        et plus tu parles, moins tu cherches des solutions.
        plus tu parles, plus tu tombes sur des gens qui vont te donner l’impression que la situation est pire.
        le psy n’est pas le premier recours.
        le psy te permets, quand tu n’arrives plus à te sortir de situations avec ton raisonnement, de t’aider à reprendre le contrôle.

        Reply

        • NK

          March 10, 2016 at 9:18 pm

          ”le psy te permets, quand tu n’arrives plus à te sortir de situations avec ton raisonnement, de t’aider à reprendre le contrôle.” perfect summary. Je pense que je vais essayer de compiler une liste de psys et les poster, it might help someone.

          Reply

  9. ANONYMOUS

    March 8, 2016 at 10:58 am

    This is really sad and heartbreaking. I always feel bad when i see them down the streets en me demandant ou sont les membres de leur famiile meme si ce n’est pas facile d’avoir le controle sur un ”malade mental”. Ex: i knew about someone considered as a ‘fou’ but sa famille prenait souvent soin de lui (douche et autres) mais après il reprenait la route sans revenir pendant plusieurs jours. So this kinda hard to handle.
    Et je pense qu’au Senegal on néglige beaucoup les psy alors qu’ils sont là pour ces personnes.
    Well great article! but so parei ci bi traitel meu cas dof yi nek ci niit yi di niité niité lou tei daniou bipolaire, sonal naniou diam yi surtout ci relations amoureuses yi mdrrr Crise de personalité ak bipolarité beurineu ci mim reew dei lol But at the end of the day dont we all got a bit of crazyness en nous?! Different type of level rek. #CrazyWorld

    Reply

    • NK

      March 10, 2016 at 9:15 pm

      PArfaitement daccord, niom bipolaire est ce que je ne ne vais pas me retrouver à écrire un livre?

      Reply

  10. Emilie

    March 14, 2016 at 6:02 pm

    Merci pour tous ces posts NK, tu es juste TOP, tu dis tellement de vérités…. dans un pays ou la majorité préfére appliquer et se taire parce que quand tu dis ce que tu penses on dit de toi “ki dafa khamadi , dafa rew”….. Tu fais du bien à beaucoup de personnes comme moi je pense, qui aimons notre Sénègal mais qui le trouvons tellement déplorable sur certains points.
    Trés bonne continuation.

    Reply

    • NK

      March 14, 2016 at 10:03 pm

      Thank you Emilie, much love 😉 au plaisir de te relire

      Reply

  11. Alakham

    November 20, 2016 at 11:30 pm

    je croise plus de fou dans le Métro à New York qu’à Dakar surtout en cette période de froid.
    le manque de considération de ces malades est écoeurant faudrait prendre garde et éduquer la population a comprendre rèelement cette maladie et les moyens de les guérir ou les calmer.

    Reply

  12. Ndappa

    November 22, 2016 at 12:35 pm

    First of all THANKS !!!
    ton article -post est d’un très grand intérêt et j’espère que cela va ouvrir les yeux , le coeur des Sénégalais à comprendre les maladies psychiques.
    Perso j’ai vécu durant 3ans avec une petite amie ayant des difficultés mentales, malheureusement elle n’étais pas suffisamment comprise par son entourage.

    les commentaires m’ont beaucoup éclairé , et avec du recul je réalise de plus en plus la détresse qu’elle a du vivre
    Je l’ai supporté tout ce temps par amour (c’est hypocrite oui!!!) mais je l’ai jamais poussé à se tourner vers un spécialiste.

    Reply

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