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Comment écrire une chronique sénégalaise ? : 6 règles!

Guest: Badara Pène

Note: Si vous voulez être guest, envoyez moi vos contributions à lessenegalites@gmail.com


Ceci est à l’attention des aspirantes chroniqueuses (beurri ngéne kaar machallah) et chroniqueurs (est ce que amna sakh ? les hommes, vos mains peuvent servir à autre chose qu’à martyriser la télécommande ou à l’onanisme) qui veulent se lancer dans l’écriture. Comme il faut de la méthode dans toute chose même si on dirait que ce n’est pas valable au Sénégal et que je suis gentil (si savon ne se lave pas lui-même qui va le faire ???), je vous donne gracieusement le mode opératoire.

1.Toujours parler d’amour !

Le ciel est bleu, les roses sont rouges et le petit Cupidon, qui devrait se mettre au régime soit dit en passant, a le meilleur produit de tous les temps. Qui a envie de parler du traitement des talibés, de la situation économique et sociale, du système éducatif qui n’éduque plus personne… ou encore du Plan Sall oups pardon Sénégal Emergent (Suis-je le seul à avoir l’impression que la seule chose qui émerge dans ce pays c’est l’embonpoint de notre cher président ??? bref, je m’égare) alors que l’amour est là toujours au garde à vous (Han mbeuguél moy capitenou boromam. Youssou Ndour Voice). Même si beaucoup ont déjà exploité, voir surexploité le filon des relations sentimentales avant vous comme Shakespeare, Jackie Rapon (Alla boni les antillais, sonal ngéne niou) et surtout nos chanteurs (Sou mbeuggel amoul wone lou Wally Seck di way ???), ne vous inquiétez surtout pas il est inépuisable ; quand on parle d’énergie renouvelable, on devrait y inclure l’amour.

2. Trouver un titre déprimant qui commence par Amour ou une vie !

Je ne saurais vous expliquez le pourquoi du comment, mais toutes les chroniques ont ce genre de titres qui donnent des envies de suicides (ou de meurtres pour certains comme moi) ; tous les mots des champs lexicaux de la tristesse et du malheur vont y passer à ce rythme. A croire que nos chroniqueurs sont tous atteints de sinistrose sévère. On se retrouve avec des trucs du genre : « Chroniques de Konkorong, un amour dur sous la dent », « Chroniques de Nambé, love beyond smell » ou bien « Chroniques de Mbourou, une vie à éviter les sérères »

3.Des personnages hors du commun !

Pour les personnages principaux, il ne faut pas lésiner sur les moyens (Na réyy ni khéwou niaye, dianakh amoufa place). Tout d’abord l’héroïne doit avoir un nom absolument pas sénégalais du genre Reyanna, Lakysha, Sakina car noms ne sont pas assez sexy et ne donnent pas des frissons aux hommes (Essayer de dire Déguéne ou Ndoumbé en ayant l’air sexy. Bon courage !!!). Les Fatous faut même pas espérer ; Niom Ndoumbé, Mbossé, Bator et autres wakhouma sen wakh. Elle doit avoir les yeux couleur arc en ciel de Saturne en septembre (Toudayzikalanakh) ,32 perles immaculées en guise de sourire, la peau aussi douce que la brise de la mer de Ndayane, le teint café au lait mais où le café est largement dilué dans le lait (une Nini mulâtresse) et le parfum senteur pet de Cupidon. Une Beauté certifiée ISO9001.

Pour ce qui est du jeune homme : 1m90, 90kg, musclé jusqu’au bout des cheveux, sourire péroxydé (pas de beugnou Kaolack)…bref, un beau gars sans produits ghanéens !!! Il a la vingtaine, riche comme Kanka Moussa (Crésus c’est petit même), a 8 MhD et 8 PhD, parle 10 langues, a sauvé de la noyade un maitre-nageur tellement il est extraordinaire le gars et il a découvert à 25 ans le traitement contre le cancer du cerveau (maladie très répandue sous nos tropiques surtout à la télévision. Pour reconnaître les symptômes, il suffit juste de regarder durant quelques minutes pour les plus téméraires n’importe quelle télé sénégalaise).

Pour pimenter l’histoire, il ne faut surtout pas oublier d’y inclure la belle-mère psychopathe ou l’amant(e) qui refuse de lâcher prise (plus communément appelé Door ou Yambar bi selon le sexe).

4.Un cadre « chic »

Il (elle) habite les almadies ou à défaut point E, Sacré-Cœur ou Mermoz dans une villa avec papa notable connu dans tout le pays, maman grande dame qui va chaque année à la Mecque vider son sac de péchés, la petite sœur mignonne comme une barbie chocolatée et le petit loulou de Poméranie. Hors de question que ça soit hors de Dakar : Un peuple, Un but, Une foi pont Sénégal 92 la yémm !!! Et c’est bien connu que les sauvageons qui habitent au-delà du mur, à savoir le reste du pays ne se préoccupent guère des choses de l’amour. Alors de grâce laissons les gens civilisés c’est-à-dire les dakarois, s’occuper de tout ce qui touche aux sentiments.

5.Un petit entracte coquin

Pour garder concentrer vos lecteurs, il sera sans doute nécessaire de recourir souvent à une partie de zizi-panpan. Les sénégalaise (es) ne sont absolument pas obsédés, c’est par pure curiosité, histoire de se rappeler les cours de SVT. Commencer toujours par la nuit de noces dans une suite royale et les premiers émois de la jeune pucelle de Dakar (c’est bien connue toutes les sénégalaises sont vierges jusqu’au mariage! Ekhem ekhem) emmenée au septième ciel par son jeune et expérimenté éphèbe (la virginité n’est pas exigée pour les hommes, il leur faut s’exercer pour connaitre la piste et servir de guide à leur chère et tendre. Imaginez si on faisait du laabaan aux hommes ? Ndaw gatié pour leurs mères !). Ne lésinez pas sur les moyens quitte à faire rougir les lectrices de SAS, Malko Linge doit paraître minable devant votre héros. Une piqûre de rappel sera nécessaire de temps en temps pour que vos lecteurs (lectrices) puissent assimiler les cours d’anatomie dynamique. N’y voyait rien de pervers, c’est juste pédagogique.

6.Une belle fin

Le fameux « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants » est indispensable. Plus c’est éloigné de la réalité, mieux c’est ! Personne n’a envie de se farcir une fin à la daaray Kocc ou tout le monde n’est pas content et le méchant n’est pas puni (perso je préfère quand le jeune homme meurt à la fin : Guelwaar, V for vendetta et Gladiateur c’est doux deh). Mais personne ne veut de mon avis je sais !). Jon Snow est vivant, Lat Dior a gagné contre les toubabs, El haji Omar va revenir de Bandiagara et Mamadou Dia est président…. Bref tout est modji dans le meilleur des mondes !!!

Ps : Si vous aimez les histoires bien écrites avec une fin réaliste, allez voir LadyBa devenue ”Les Chroniques de Jeyna”, cliquez ici pour faire un tour sur sa page Facebook. Elle est aussi optimiste qu’un croque-mort. On dirait un membre de la famille Adams (je l’imagine bien en Morticia Addams…)

Voilà, vous êtes bien munis pour écrire une chronique sénégalaise digne d’une télénovéla.

Bien à vous, Badara Pène qui ne sera jamais le jeune homme d’une chronique (Ngir yallah nama keneu deff jeune homme. Fi Sabilillah !!!!)

 

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22 Comments


  1. NFW

    June 29, 2016 at 11:27 am

    Ahaha trop bien le coup du ndambé…
    Effectivement pour du realisme il y a Ladyba.
    Please laissez les “Fatou” hun ca peut se dire sexyment avec la bonne intonation a la 007.
    D’accord avec l’homme Pene, les chroniques sont malheureusement édulcorées pour la plupart. Tout n’est pas rose ou noire, une réussite peut être teintee, une fille peut ne pas etre parfaite aka vierge et un homme peut au contraire l’être (suis serieuse cela existe).
    J’attends d’autres conseils de L’homme Pene ihihi

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    • NK

      June 29, 2016 at 1:27 pm

      Je suis parfaitement d’accord faut laisser les Fatous tranquillous

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  2. Penda

    June 29, 2016 at 11:33 am

    Tellement vrai à part ladyba je m aventure jamais à lire les chroniques trop éloignés de nos réalités et comme y a aucun risque que star se prénomme PENDA mane tamitt douma léne maye 1mns

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    • NK

      June 29, 2016 at 1:28 pm

      Elle et vraiment au top!

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    • Adja

      June 29, 2016 at 2:37 pm

      Pourtant il y en a une où l’héroïne s’appelle Penda, tu l’as juste pas lue je pense. C’était sur cette page: Elisa: l’autre femme de mon mari. C’était une belle chronique je trouve, Penda a galéré mais bon… en plus c’était pas à Dakar..!!

      Reply

  3. Diomette

    June 29, 2016 at 11:45 am

    Yowit sa way laisse nous nous évader un poco !
    Réalisme là, on vit ça matin midi, après midi, soir, nuit… MDR
    Pardon laisse-nous croire à ses histoires, ça nous permet de tenir dans ce monde de brutes !
    Imagine un peu qu’on relate à chaque fois notre quotidien, je vais lire pourquoi même? hein? me rendre compte de l’évidence?
    Walay niola gueune xam ni ces histoires à l’eau de rose là c’est du rêve ! Mais oh, le rêve nous permet de tenir ! Diapsi rek bayiniou niou évadéwou
    Ladyba a une très belle plume machallah j’ai lu toute ses histoires (une préfèrence pour 30 ans et toujours célibataire), mais après faut nous laisser aller zyeuter notre joli couple qui s’aime du matin au soir ! CA NOUS FAIT TENIR WALAY NDEYSAN !

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    • NK

      June 29, 2016 at 1:29 pm

      loool un peu de guent ndakh mou tané

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      • Diomette

        June 29, 2016 at 1:55 pm

        Vraiment ! lol

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  4. Shygirl_221

    June 29, 2016 at 11:46 am

    i agree with that bro, moi je dis anh , pardon écrit nous une chronique , for sure ce sera une réussite
    Vraiment , pour une adepte aux chroniques , je ne peux que confirmer ses dire, gars yi sene imagination mo khawa diegué mbeuguel… Mais faut aussi dire que el sénégalais ne voit que ça, me the first one… Disons le et Mourons (litteraly naniou ko wakh té déé) Cupidon a réussi son coup quoi…. vraiment Chapeau Tonton Badara….

    le jour où je me déciderai à écrire rek khamal ni Yay done Badara, le sexy , l’irresistible Homo Senegalenesis, Boul wakh dara

    Reply

    • NK

      June 29, 2016 at 1:30 pm

      Faudra me dire comme ça je le préviens, lance toi nak ! Allez!

      Reply

  5. abass

    June 29, 2016 at 11:53 am

    looooooool mortel “chroniques de mbourou”

    Reply

  6. Tima Freshboundow

    June 29, 2016 at 11:56 am

    +10000 pour ce Badara way !!!

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  7. Ken Fatou

    June 29, 2016 at 1:20 pm

    This is so true! I also cannot stand the ones written by these girls who live in France. Their stories are always full of abusive brothers who beat the shit out of their boyfriends or give them hell for daring to date someone. Somebody seriously needs to look into that.

    The best chroniques I have read are those of Fabinou Diagne. Her FB page is “Elisa: l’autre femme de mon mari”. She has a few on her page and they vary as far as subject goes. Sure, a lot of it talks about love, but in a much more real way. She is an amazing writer. In fact, I once told her she needs to get in touch with Aldemba Productions to see if they can turn her stories into shows.

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    • NK

      June 29, 2016 at 1:31 pm

      That sounds so cool, I’ll check her out, I would love to have my own show! one of my dreams

      Reply

    • AWA

      July 4, 2016 at 3:38 pm

      Fully agree about Fabinou. Shes is so talented! BTW, she announced a while back that the story of Elisa was being adapted to TV, she even posted pictures of some cast members…

      Basically she is the only “chroniqueuse” I actually read, la plupart des chroniques sont bof bof tout est rose et c ennuyeux a la longue.

      Bon faut parler aussi de l’epoque sathie chronique pour ensuite changer les noms des personnages. Amone na fi temps…

      Reply

  8. EmSee

    June 29, 2016 at 4:50 pm

    Mdrrr “chronique de mbourou une vie à éviter les sereres “… faudrait vous lancer dans les chroniques aussi Mr Pene, une bien sarcastique qui nous ramènera sur terre tout en nous faisant marrer

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  9. Fatou Bint

    June 29, 2016 at 8:34 pm

    Je suis chroniqueuse et tu viens de me donner plein d’idée. xamna sama personnage masculin bi Badara lako toudei

    Reply

  10. MFN

    July 19, 2016 at 12:37 pm

    non xeume na.. J’ai pas arrêté de rigoler du début à la fin. Moi je suis la reine des lectrices sous marin mais en un moment je n’avais mm plus la foie de lire les chroniques car c’était toujours pareils et parfois on se rend compte que les gens écrivent peut être une vie imaginaire qu’ils auraient voulu juste vivre! Mais bon j’essaierai de lire la chronique suggérée pour voir ce que ça va donner!

    Reply

  11. MDMKS

    July 19, 2016 at 4:24 pm

    on a trouvé la version masculine de NK.
    Trop top et subtilement politique, pour ceux qui veulent lire entre les lignes.

    Reply

  12. NS

    July 26, 2016 at 5:49 pm

    NK yow do nit, dama rééééé bo tassss!!!

    Reply

  13. NS

    July 26, 2016 at 5:51 pm

    Désolée, la contribution était plûtot de Badara Pène. So, Badara Pène, yow do nit, dama réééééééé bo dji djoye!!!!!

    Reply

  14. Mandiaye

    November 3, 2016 at 2:01 am

    Sarcasm at it’s finest

    Reply

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