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Violence Conjugale – Part 2

Il y a une quinzaine d’années, je vivais au Sénégal où je préparais un BTS Communication. Il vivait en France et venait me voir régulièrement. Nous étions éperdument amoureux et après 1 an de relation, nous nous sommes mariés et je l’ai rejoint en France.

J’avais un visa de 3 mois à l’époque et je n’avais pas le droit de rester sur le sol français après cette période. Il m’a promis de s’occuper de mes papiers si je restais définitivement. Quelques mois après mon arrivée, j’ai découvert qu’il avait une maîtresse.

On n’arrêtait pas de se disputer, il passait son temps à me mentir, à sortir faire la fête. Il n’a pas régularisé ma situation et j’ai compris qu’il craignait que je devienne indépendante. Il gagnait très bien sa vie, mais moi, je n’avais aucune ressource : j’étais à sa merci. C’est au cours de ma grossesse que le fossé s’est creusé: il s’est mis à m’insulter,  à m’humilier. Il s’affichait avec ses maîtresses lorsqu’on se disputait.

Petit à petit les violences verbales se sont transformées en violences physiques surtout quant il avait bu. Je ne pouvais pas partir car il me menaçait de révéler à la police que j’étais en situation irrégulière. Il rentrait souvent ivre et nos disputes se transformaient en bagarres. De fil en aiguille, j’ai fait plusieurs allers retours en urgence ou à l’hôpital pour des douleurs au corps ou une luxation de l’épaule. J’avais peur de cet homme qui était mon mari. Je vivais dans la crainte, il m’arrivait de me coucher toute une nuit à ses côtés sans dormir.

Je ne voulais pas que mes parents et ma famille apprennent ma situation, ni rentrer au Sénégal de cette manière.

J’avais honte et je culpabilisais beaucoup. J’ai vécu 7 années dans la peur jusqu’à la fois de trop où il m’avait étranglée, je me suis rendue compte qu’il fallait que je m’enfuie de sa maison pour continuer à vivre. Vivre cette fois ci pour mon fils et pour moi.

Je me suis enfuie avec l’aide d’une assistante sociale qui nous a trouvé une chambre d’hôtel quelques temps suivi d’une place au foyer où j’ai vécu 3 ans. J’ai réussi à avoir des papiers, un CDI puis j’ai divorcé. J’avais pour obligation de me présenter au commissariat de quartier à chaque fois qu’il le souhaitait afin qu’il puisse voir son enfant le temps que le juge aux affaires familiales statue sur notre dossier.

Il a essayé à maintes reprises de me retrouver, de m’appeler, de me harceler.

J’habite toujours en France, et lui, il a quitté le territoire. Je vis seule avec mon fils et cette expérience m’a permis de savoir que j’étais importante, que je ne devais pas accepter de vivre cette situation.

Actuellement j’assume pleinement ma vie, je fais partie d’une association qui aide les femmes victimes de violences conjugales pour les aider à mon tour et c’est aussi une sorte de thérapie pour moi.

Si je devais donner des conseils à des femmes dans mon ex situation, je leur dirai de rester naturelle et de ne jamais changer par les autres, sous aucun prétexte, .

Merci NK car c’est grâce à toi qu’on peut exprimer et partager notre expérience.

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One Comment


  1. Ramatoulaye

    April 3, 2017 at 12:52 pm

    Cette histoire m’a beaucoup touchée.
    Quel courage tu as eu de partir et de recommencer.
    Bravo à toi.
    Aujourd’hui tu es heureuse avec ton loulou et c’est ce qui compte.

    Reply

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